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e GECP va ouvrir un nouveau cycle de travail sous le format de deux séminaires annuels le samedi. Ce séminaire se veut être une expérience de groupe où les échanges partagés entre l’intervenant et le groupe donneront un travail en après-coup.

Jamais les parcours d’accès à l’âge adulte n’ont semblé aussi ouverts, mais aussi incertains. L’allongement des études, la multiplication des réorientations professionnelles, les recompositions familiales, la précarité économique, les mutations écologiques et géopolitiques ou encore les transformations des modes de communication modifient profondément les repères à partir desquels les adolescents construisent leur avenir.

Parallèlement, les réseaux sociaux et les espaces numériques offrent des possibilités inédites de rencontre, d’expression et de création de soi, tout en favorisant parfois des logiques de visibilité, d’immédiateté et de comparaison qui interrogent les processus de construction identitaire. La confrontation à l’altérité, à la frustration, à la temporalité longue ou encore à l’expérience du manque semble aujourd’hui entrer en tension avec des modèles valorisant l’autodétermination, la performance, l’épanouissement personnel et la mise en scène de soi.

Ces évolutions invitent à réinterroger, dans une perspective psychanalytique, les modalités contemporaines du devenir adulte. Assiste-t-on à une transformation des processus de séparation ? À un déplacement des conflits psychiques qui accompagnent traditionnellement l’adolescence ? À un renforcement des problématiques narcissiques dans une société où l’individu est appelé à se définir, s’exposer et se réaliser toujours davantage ?

Le passage à l’âge adulte est également traversé par de nouveaux paradoxes. Les jeunes générations sont encouragées à devenir autonomes tout en demeurant durablement dépendantes de leurs familles sur les plans matériel, économique ou affectif. Elles sont invitées à construire leur singularité tout en devant répondre à des normes sociales de visibilité et de performance. Elles aspirent à davantage de liberté dans le travail, à un meilleur équilibre entre vie personnelle et professionnelle, tout en étant confrontées à des formes inédites d’incertitude et de précarité.

Ces tensions révèlent aussi des écarts croissants entre les générations. Les modèles hérités des baby-boomers, souvent fondés sur la stabilité professionnelle, l’inscription dans la durée et la valeur structurante du travail, côtoient aujourd’hui ceux des générations Y et Z, davantage sensibles aux questions de qualité de vie, de sens, de mobilité, d’engagement écologique ou de santé psychique. Ces différences de représentations peuvent nourrir des malentendus, des inquiétudes réciproques, voire des conflits autour des attentes adressées aux adolescents et aux jeunes adultes.

Mais ces mutations ne concernent pas seulement les adolescents. Les parents eux-mêmes sont pris dans ces transformations sociales et culturelles. Face aux nouvelles formes de dépendance et d’autonomie, à la porosité des frontières générationnelles, à la prolongation de certaines transitions de vie et à la remise en question des modèles qui ont soutenu leur propre construction, ils sont conduits à réinterroger leur rapport à l’autorité, à la transmission, au vieillissement et à leur propre devenir.

Les institutions éducatives, universitaires, sanitaires et sociales se trouvent elles aussi confrontées à ces remaniements. Elles doivent accompagner des jeunes dont les parcours se diversifient, tout en repensant leurs propres modèles de transmission, de savoir et d’autorité.

À partir d’une approche psychanalytique ouverte au dialogue avec la sociologie, l’anthropologie et les sciences de l’éducation, ce cycle de conférences se propose d’explorer les effets de ces transformations sur les processus psychiques individuels, familiaux et institutionnels.

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